jeudi 12 mars 2026

Une conscience humaine


Il y a de ces jours où nous rien n'a d'importance. Nous nous lassons d'une routine qui nous mine, nous réduit, où chaque décision prise est comme dissoute de son propre poids dans une dynamique qui ne laisse aucun espace à la moindre quête de sens.

Il y a de ces jours, aussi, où nous nous questionnons à n'en plus finir, quitte à faire de nos propres questions une prison sans barreau ni lit pour laquelle nous avons pris refuge dans un redondance quasi éternelle.

Pour autant, une question se pose : sommes nous tous l'ombre de nos propres rêves ?

Cette question est bel et bien l'œuvre de la conscience humaine. 

Mais qu'a-t-elle d'humaine, cette conscience ?

Qu'a-t-elle d'humaine quand elle se détourne de milliers d'enfants mourant sous les bombes à Gaza ?

Qu'a-t-elle d'humaine quand elle ferme les yeux en découvrant que des milliers de femmes ont été violées au Soudan ?

Notre conscience est le fruit d'un paradoxe. Elle a toujours cherché à étendre sa vision, explorer de nouveaux horizons mais refuse mécaniquement de voir ce qu'elle perçoit comme insupportable.

Et c'est pourtant du côté de l'insupportable que réside une vérité trop longtemps cachée, pour laquelle une force insoupçonnée s'accompagne.

Oui, la réalité est dure à avaler. Elle est à bien des égards apathique de nos propres désirs et limites, mais notre conscience n'est pas vouée à se laisser piéger de la sorte. En réalité, elle n'a pas dit son dernier mot.

Car nous le savons bien, notre conscience est le fruit d'une éducation profonde, un apprentissage à voir et ne pas voir duquel, à tous moments, un changement subtil mais déterminant peut s'opérer. Un changement qui donne à notre conscience une toute nouvelle panoplie d'outils, avec, en son sein, une capacité de réponse.

Et de cette capacité nait un affront et une résilience tout à fait singuliers.

Oui, affronter la réalité est une épreuve des plus difficiles. Pour autant elle constitue une opportunité extraordinaire, celle de gagner en liberté de conscience.

Et c'est aussi par ce chemin là que nous arrivons enfin à nous libérer de nos travers et tourments, pour faire de notre existence non plus une ombre de celle-ci mais un éclat qui donne à soi même et à nos proches la force d'avancer.

Parce que la réalité aussi violente puisse-t-elle être vaudra toujours mieux qu'une perception erronée et fallacieuse qui mènera, comme à chaque fois, aux dynamiques les plus dangereuses.

Parce que la réalité, enfin, est un droit comme un devoir qui nous permet de bâtir un monde meilleur où nos rêves ont toutes leurs places. 





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