Nous voulions gagner. Atteindre des sommets.
Puis arriva une, puis deux, puis trois, et s'en suit un nombre incalculable de défaites finissant par envahir notre conscience jusqu'à prendre toute la place.
Nous aurions voulu faire de notre vie un monument immuable de victoires qui inspire autant qu'il suscite le respect.
Pourtant, nous échouons, sans cesse, sans le vouloir.
C'est alors que nous nous remettons en cause, laissant à cette dynamique toute l'espace pour s'installer à sa guise.
Echouer est il propre à ce que nous sommes ?
Ou alors faut-il croire en un renversement de situation à force de persévérance ?
Finalement, quelle place a la réussite dans notre vie ?
Ces questions là finissent toujours par arriver. Peut-on y remédier de manière à en sortir plus fort ?
La défaite fait mal. Elle nait de la confrontation de nos désirs à la réalité implacable de nos résultats. Nous aimerions qu'il en soit autrement, que nos actions soient le fruit de nos intentions les plus belles et que nous façonnions une vie qui nous ressemble d'un claquement de doigts.
Pour autant, elle revient. La défaite revient à chaque fois que nous osons poser le pas au delà d'une limite qu'elle a elle-même posée. Alors que faire de notre soif d'accomplissement quand à chaque tentative, nous sommes mécaniquement repoussés. Faut-il battre retraite, renoncer à ce que nous désirions au plus profond ?
La réponse est non. Et laissez moi vous le montrer.
Le problème de la défaite est directement lié à la question de la victoire.
La victoire, on l'associe souvent à une forme de triomphe sur l'adversité. Faite de difficultés toujours plus grandes, elle impose son terreau, celui d'un cadre hostile pour donner à la victoire tout son sens.
Cela explique pourquoi la défaite est si commune. Mais une nuance est à apporter.
La victoire ou la défaite ne sont pas des vérités absolues. Elle ne sont régies par aucune loi universelle stipulant ce qu'est une victoire ou une défaite. Non, c'est avant tout un sentiment, issu de nos modèles et conceptions.
Et ce sentiment, il se construit et évolue. Il a toujours été l'expression d'une époque, suivant les codes et attentes d'un système établi.
Dans le monde où nous habitons aujourd'hui, l'idée de victoire tend à être imposée de manière univoque. Car elle constitue le moteur même venant justifier et remplir les besoins d'un système qui lisse l'existence et réduit les déviations.
Pourtant une chose est sûre, la victoire n'a de sens que si elle fait écho à nos propres désirs et besoins.
Alors que faire de cette dynamique constante de défaites quand nous avons à l'esprit qu'elle est un sentiment résultant d'un parti pris externe ?
Nous osons redéfinir l'idée de victoire.
Car cette dernière n'est ni une vérité absolue, ni un bien qui nous échappe. Elle émane directement de notre propre personnalité et de la volonté qui en découle. Et c'est ce qui en fait notre droit le plus naturel.
En conséquent, échouer relève davantage de la manière dont on définit notre victoire que nos actes même.
C'est ce qui octroie à nos échecs une nouvelle forme d'impuissance redonnant à nos désirs et besoins une place en toute puissance.
Cela demande un choix conscient de prendre de la distance sur le statu quo, de se poser les bonnes questions, celles qui nous animent et nous amènent vers un accomplissement progressif mais certain.
C'est ce qui donne à la la réussite son goût si personnel faisant la fierté de nos proches, qui finissent par nous voir tels que nous rêvions d'être.
Mais également son intemporalité, car étant la conséquence de nos propres choix, chaque moment est une opportunité éternelle de nous réinventer.
La réussite n'est donc ni un piège, ni une prison, mais bel et bien ce que nous voulons en faire.